Au-delà du périple de 5 jeunes Normands à la rencontre de nos expatriés à l’international, l’opération Normands autour du Monde a à cœur d’associer les scolaires dans cet esprit d’ouverture. Pour la deuxième année, un partenariat a été noué avec le Rectorat afin que chacun de nos voyageurs parrainent des classes de primaire, de collège ou de lycée sur le territoire. Plus qu’un voyage, c’était une invitation pour les élèves normands de tous niveaux à s’éveiller à la diversité et à la curiosité.

Pédagogie et ouverture au monde

« Quand on m’a dit qu’un jeune pouvait être notre ambassadeur à l’autre bout du monde, je me suis dit : c’est génial, il y a plein de choses à faire ! ». Cet enthousiasme, c’est celui de Sylvain Langlois, professeur de musique au lycée Delamare Deboutteville de Forges-les-Eaux. Dans le cadre de Normands autour du Monde, il a suivi le voyage de Mathilde à travers l’Asie avec 15 élèves de seconde option musique. « Pour moi, cela regroupait beaucoup de choses en termes d’objectifs pédagogiques : la notion de composition – ils ont une histoire à raconter et à mettre en musique – mais également l’utilisation d’un logiciel de montage, à partir des sons récoltés par Mathilde dans chaque pays » explique Sylvain Langlois. D’une classe de maternelle à des BTS en compta-gestion, tous ont pu aborder de manière originale et pédagogique la découverte de nouvelles cultures. Travaux en art visuel, danse, langues, géographie, lecture, français, musique… Plusieurs matières ont été impactées par le voyage.

Un enthousiasme partagé par Laurence Hinard, professeur à l’école de Campeaux, qui a observé le périple de Théo avec ses 25 élèves de maternelle. « L’année dernière, j’avais suivi les épisodes de Normands autour du Monde sur France 3, j’avais trouvé l’idée très sympa. Nous avons regardé son parcours sur une mappemonde adaptée aux petits (…) j’avais également mis dans la classe une photo d’un costume ou d’un plat un peu typique de chaque endroit. Théo nous envoyait des éléments, on voyait des photos, des ambiances sonores sur le blog… les enfants se sont aperçus qu’on parlait autrement. » Une approche originale pour appréhender les premiers mots en espagnol et en anglais.

Les plus grands n’étaient pas en reste, tels que les BTS compta-gestion du lycée Arcisse de Caumont à Bayeux : les 18 étudiants avaient pour mission d’aborder le périple d’Elisa en découvrant en amont les villes qu’elle allait traverser. « Avec ma proviseure, nous tenions à l’ouverture culturelle de nos élèves et étudiants tout en insistant sur la nécessité de s’ouvrir aux autres et au monde. (…) Ils ont travaillé en autonomie pour produire des mini exposés devant leurs camarades : chaque groupe présentant une ville aux autres. Pour finir, ils ont eu un devoir sur table en culture générale sur la nécessité de voyager pour affiner la formation d’un individu, corrigé à l’aide d’extraits de ses carnets de voyage pour argumenter » détaille Pascale Cotensin, leur professeur.

 

Échanges

Quand cela a pu se faire, les cinq lauréats sont allés à la rencontre des classes avant le départ. Un entretien privilégié qui a permis l’implication passionnée des élèves. Mais ce sont surtout les échanges via Skype, What’s App ou Facebook, lorsque le décalage horaire le permettait, qu’attendaient les élèves : « Nous allions voir sur le site Normands autour du Monde ce qui avait été publié, et nous préparions les questions pour la visio chaque vendredi » précise Véronique Badri-More, qui a suivi avec 26 élèves de première logistique, le parcours européen de Jean-Charles. L’occasion pour les jeunes de se documenter sur l’Histoire, l’architecture et la culture de chaque ville. « Le fait que ce soit le voyage de quelqu’un qu’ils avaient vu donnait plus de sens pour eux. Dans le cahier de vie, je mettais un article pour résumer ce que l’on avait appris par le biais de Normands autour du Monde ; les parents ont joué le jeu et allaient voir le blog… un papa m’a même dit : on a l’impression, sans le connaître, que Théo fait partie de la famille ! » révèle Laurence Hinard dans un sourire.

Même importance, pour la visite, concrète, au retour : « Qu’est-ce-que tu as préféré manger ? » « Quelle coutume/tradition t’as le plus marquée ? » « Quels animaux as-tu vus ? » « As-tu eu peur de l’avion ? » « Est-ce que tu parles l’indien/le cambodgien ? » « Est-ce que les Normands que tu as rencontrés vont revenir en France ? » « Pourquoi sont-ils partis vivre ailleurs ? » « Quelle saison c’était en Australie/Nouvelle-Zélande ? », ou encore « Est-ce que tu as mangé des insectes ? » … Voici quelques questions que Solène, adulée par les plus jeunes, a pu entendre lors de sa visite à 90 élèves de l’école Castle Donington de Gasny, dans l’Eure pour le bilan de son périple en Océanie et Asie du sud-est. « Ils avaient affiché mes cartes postales sur le tableau dans leur classe, et veulent faire un roulement pour emmener un weekend chacun les peluches (kiwi et singe) que j’ai ramenées. »

Continuité

Expositions, travaux, spectacle de fin d’année… Photos d’urbanisme et de ville pour l’histoire-géo, dans le cadre d’un sujet “vivre en métropole” ; photos de faune et de flore pour la SVT… « Nous allons travailler toute l’année sur les pays visités par Solène, en arts visuels, particulièrement sur le Taj Mahal… Nous allons également répéter différentes danses liées aux pays travaillés pour le spectacle de fin d’année : le haka de Nouvelle-Zélande, une danse indienne un peu Bollywood… » détaille Guillaume Gérard, enseignant en classe de CM1 à Gasny. Normands autour du Monde fera également partie du répertoire des secondes option musique du lycée de Forges-les-Eaux, qui ne manqueront pas de penser à Mathilde sur scène !

Quant aux petits de Campeaux, ils auront le plaisir de correspondre avec leurs homologues américains ! Grâce à Théo, qui a pu, par l’intermédiaire de Lounas, ambassadeur normand et enseignant à Los Angeles, déclencher les premiers échanges… Il n’en fallait pas plus pour Laurence Hinard : « J’ai reçu un mail de l’instit en question : il nous a envoyé des photos de ses élèves avec un petit dessin qui sert de mascotte et nous, nous utiliserons les mascottes que Théo nous a rapportées afin de les prendre en photos un peu partout en Normandie. J’ai donc proposé aux élèves de repartir avec la mascotte ; à chaque fois qu’ils font une sortie avec les parents, de faire une photo, qu’on enverra aux élèves de Los Angeles. »

 

“Ce type de projet est porteur pour tous les niveaux, mais d’autant plus pour des jeunes en lycée professionnel qui sont amenés à embrasser la vie active plus rapidement que d’autres. Et ainsi se rendre compte que, lorsqu’on a des rêves et qu’on s’en donne les moyens, on peut y accéder. Cela donne du sens”

Véronique Badri-Môre, professeur d’arts appliqués au lycée Sainte-Ursule de Caen.

“Les élèves de 5ème devaient faire une présentation générale, évoquer la nourriture, les sports traditionnels et des célébrités, par groupe de 4. Ils ont apprécié le projet pour sa dimension réaliste : nous suivions réellement le parcours de Jean Charles et il a été le point de départ du projet”

Milena Popovic, professeur au collège de Lisieux.