Elodie Pigeon est bercée par les langues depuis toute petite.

Entre une mère française et un père espagnol, elle raconte avoir grandi dans un environnement international. Son père maîtrise dix langues, elle me raconte que son aisance pour passer d’une langue à une autre la fascine. C’est certainement cela qui lui a donné envie de s’ouvrir au monde et à d’autres cultures.

Elodie a suivi ses études en Normandie, à l’Université du Havre qui offre un master de management et de commerce axé sur l’Amérique Latine, autrefois appelé CAL. C’est une évidence pour elle que de se tourner vers cette partie du monde, où la diversité et la richesse culturelle l’intriguent. Ce cursus complet lui permet de perfectionner son anglais, l’espagnol et le portugais.

Après un séjour au Canada, elle se dirige vers le sud du continent pour réaliser trois mois de stage au Mexique, puis huit mois en Argentique. L’Amérique Latine est son endroit de prédilection, pourtant le Brésil n’apparaît pas en haut de sa liste.

Elle arrive à Rio sans projet fixe au préalable, mais il lui suffit de quelques jours pour trouver un travail et un appartement qui lui plaisent. Elodie a déjà les clés pour rester et décide de s’installer à Rio. Elle remarque vite l’attrait particulier qu’ont les Brésiliens envers les langues et quelques temps plus tard, l’idée de créer son école naît… Par exemple, avant de visiter un nouveau pays, ils cherchent à apprendre les bases de sa langue. Cela ne m’étonne pas : toutes les rencontres que j’ai faites avec des Brésiliens confirment cette curiosité !

 

Deux ans après son arrivée au Brésil, Idiomas Rio est né.

Alors qu’elle prévoit de monter ce projet avec une amie, elle crée finalement son école seule. Le plus gros travail a été la partie administrative car la bureaucratie brésilienne n’est pas des plus rapides ! Se lancer dans son propre business prend un temps considérable, encore plus lorsqu’on est étranger. Six ans après sa création, l’école compte une vingtaine de professeurs qui enseignent leur langue native : le français, le portugais, l’anglais ou l’espagnol. Entre des cours à domicile, en entreprise ou dans les locaux de l’école, tout le monde y trouve son compte pour un enseignement optimal. Il est même possible d’être hébergé chez une famille d’accueil à Rio. En plus de cela, elle offre des services d’interprétation et de traduction professionnels.

Elodie m’explique que son école fonctionne avec des cours intensifs sur une courte période. L’accent est mis sur la participation orale et les interactions. Le nombre d’élèves par classe est restreint pour permettre un accompagnement ciblé. Avec la méthode appropriée et des efforts réguliers, les élèves atteignent rapidement un bon niveau. Pour un Français, il suffit apparemment de deux mois de travail pour obtenir un niveau de portugais correct.

 

En plus de ce travail, Elodie choisit de rester au Brésil pour la personnalité des habitants et leur mode de vie. La joie de vivre des Brésiliens est entraînante et leur simplicité est apaisante. Les jours ralentissent, on prend le temps de se balader, de lézarder sur la plage. On profite de ce retour aux choses simples. Elodie pratique depuis longtemps la danse, quel meilleur endroit que le Brésil pour pratiquer la samba ?

 

Néanmoins, la France lui manque, en particulier sa Normandie natale.

Elle y rentre une fois par an et pas seulement pour revoir sa famille. La région dégage ce petit quelque chose indescriptible qu’elle apprécie tant. Elle avoue que même si ses proches n’y habitaient plus, elle aurait à cœur d’y retourner. Avec le sourire, elle me cite une longue liste d’endroits qu’elle apprécie tout particulièrement, avec, entre autres, Etretat, Deauville, Honfleur ou les plages du débarquement. Et même si les Brésiliens sont chaleureux, la profondeur, la solidité et la fiabilité des relations avec les Normands lui manquent.

 

Le serveur du restaurant nous interrompt quelques minutes pour apporter nos plats. Nous faisons le plein d’amuse-bouches et d’entrées typiques : acras de morue (bolinho de bacalhau), croquettes de tapioca (bolinho de aipim), la purée de crabe (casquionha de siri), bâtonnets de fromage (queijo coalho) … Cela nous amène sur le sujet d’une autre grande qualité de la Normandie qu’elle ne trouve nulle part ailleurs : la cuisine ! Apparemment, il est impossible de trouver de la crème fraîche de qualité là-bas.

Elodie espère que la suite de son parcours prendra la forme d’une seconde école, en France cette fois-ci. Elle souhaite créer un lien entre son pays natal et son pays d’accueil. Ce nouveau défi lui permettrait de faciliter les échanges franco-brésiliens et d’apporter une nouvelle dimension aux enseignements d’Idiomas Rio.

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Camille