Laissez moi vous présenter celui qui m’a permis de profiter pleinement de mes 4 jours à Adélaïde en Australie : Gilbert Rouelle. Il a tout organisé ! Il a même pris 2 jours de congés pour me faire découvrir sa ville, c’était royal !

 

Gilbert est né à Saint-Lô, il a quitté la Normandie à l’âge de 23 ans pour Nice. 6 ans plus tard, c’est pour l’Australie qu’il se dirige : il atterrit à Adélaïde et ne compte pas repartir !

Gilbert a donc vécu toute sa jeunesse à Saint-Lô. Il se souvient très bien de ses 2 km de marche chaque matin pour se rendre à l’école, c’est quelque chose qu’il appréciait. La Normandie, c’est à moto qu’il la découvre durant les 4 dernières années avant de partir pour Nice. Les nombreux villages et les beaux paysages, c’est quelque chose qui l’a beaucoup marqué. À chaque fois qu’il est de retour sur ses terres d’origine, il apprécie cette remontée de souvenirs.

Gilbert ne se rendait pas compte à quel point il aimait la Normandie quand il y vivait :

« C’est seulement quand on quitte la Normandie, qu’on se rend compte à quel point elle est importante pour nous, on ne s’aperçoit pas de tout de ce qu’on a, quand on ouvre la porte et qu’on voit toute cette verdure, c’est habituel… Mais quand on la quitte et qu’on se rappelle de tout ce qu’on avait, ça commence parfois à faire un peu mal ».

 

Pourquoi alors avoir quitté la Normandie s’il s’y sentait si bien ? Tout simplement parce qu’à l’époque, il n’y trouvait pas d’avenir dans la région dans son domaine : l’architecture. Il a donc fait le choix de partir. Ce n’était pas facile. À l’époque dans son village il n’était pas habituel de quitter la région, encore moins pour l’Australie ! Quand il était de retour, il était accueilli comme une star et devait raconter ses péripéties. Gilbert avoue que le ciel parfois gris de la Normandie n’est pas un élément qui lui manque beaucoup…

Ici, à Adélaïde, Gilbert travaille dans un bureau d’architecte. Il documente de grands bâtiments comme des hôpitaux, centre commerciaux ou des gratte-ciels. Il apprend aussi aux jeunes architectes la méthode de construction.

C’est donc dans sa charmante ancienne bâtisse qu’il a entièrement rénovée lui-même que Gilbert m’accueille à Adélaïde, « une grande ville de campagne de 1 400 000 habitants ». « Sa » banlieue comme il le dit, Gilbert l’aime beaucoup et j’ai très vite compris pourquoi car nous ne sommes qu’à quelques minutes du centre-ville pourtant dans son jardin, qu’il définit comme son petit coin de Normandie, tout est très calme. Gwen, sa golden retriever adorable y est la reine.

Ce qui manque le plus à Gilbert ce sont surtout « les bonnes recettes de grand-mère », mais il ne s’agit pas d’un manque quotidien. C’est juste que quand il y pense, il se dit qu’il n’a pas ça dans sa vie en Australie.

Gilbert ne rentrera pas pour faire sa retraite en Normandie. Tout sa famille est ici en Australie maintenant. Par contre, il y retourne pour visiter et faire visiter. En 30 ans, Gilbert n’est rentré que 3 fois en Normandie. Mais l’an prochain il y sera de nouveau pour une semaine pour visiter famille et amis et faire découvrir d’où il vient à sa nouvelle compagne. Il souhaite montrer à une personne qui n’a pas du tout d’image de la région comment lui la perçoit afin qu’elle comprenne son attachement à ses racines et puisse imager tous les souvenirs et les sentiments qu’il lui raconte.

« La Normandie c’est plus que la France pour moi ! J’ai tendance à dire que je suis Normand puis Français et bien sûr Australien. J’ai toujours mon drapeau normand chez moi ! »

Pas besoin d’expliquer le projet des ambassadeurs Normands à Gilbert, il en est déjà un membre très actif ! Il l’a fait pour se rapprocher de la Normandie et des gens qui voyagent tout en représentant la Normandie. Il souhaite faire part de son expérience pour que les gens sachent ce qu’on perd quand on quitte la Normandie. Gilbert est d’ailleurs très impliqué dans la communauté française à Adélaïde, il est en contact avec le consulat. D’après lui, les Français ne cherchent pas à se retrouver entre eux, mais plutôt à s’intégrer avec les Australiens. C’est avec l’âge qu’ils ressentent le besoin de se retrouver autour de leurs origines.
Les Australiens ne connaissant pas la Normandie, sauf pour ses plages du débarquement mais il essaie de leur en apprendre plus.

Gilbert est d’une générosité rare, cela je l’ai compris dès nos premiers échanges par mail. Il aime aider les gens, il est toujours très positif. Il tient particulièrement à aider les jeunes :

« Tu es jeune, j’ai voyagé et je sais que les jeunes ont besoin d’aide ! Pas forcement au niveau financier mais au niveau des occasions que je peux permettre grâce à mon expérience australienne. Ici à Adélaïde j’ai beaucoup de chose à montrer. C’est important pour moi de te montrer où je vis maintenant par rapport à ce que je vivais en Normandie. »

 

Au final, en 4 jours, Gilbert a réussi à me montrer un concentré d’Adélaïde : les animaux australiens en semi-liberté, nous avons aussi visité un village de pionniers (un des premiers villages de l’Australie du Sud), nous avons aussi été découvrir les vignes Adélaïde. J’ai rencontré sa famille, son amie et ses enfants. J’ai aussi eu l’occasion de nager avec les dauphins, la mer est très importante ici. Enfin nous avons visité le musée maritime de port Adélaïde qui est jumelé avec Cherbourg ce qui fait chaud au cœur à Gilbert. Enfin, j’ai pu mettre Gilbert en relation avec d’autres Normands qui vivent à Adélaïde, c’était un chouette moment.

 

Les mots me manquent pour remercier Gilbert de tout ce qu’il a fait pour moi. Alors MERCI Gilbert et à bientôt !

 

Didrik